La prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’à fin 2028 franchit une étape importante aux États-Unis. Le Sénat américain a approuvé le 8 août la poursuite du dispositif par 90 voix contre 6. Le texte doit encore passer par la Chambre des représentants avant une éventuelle promulgation par le président américain. Pour Madagascar, l’enjeu reste important, notamment pour les entreprises franches et les zones franches qui dépendent largement du marché américain.
Le dossier de l’AGOA avance, mais n’est pas encore définitivement réglé. Après le vote favorable du Sénat américain, le 8 août dernier, le texte doit maintenant être examiné par la Chambre des représentants. Il devra ensuite obtenir la signature du président américain pour entrer définitivement en vigueur.
« À ce stade, le Sénat américain a adopté la poursuite de cette loi jusqu’à la fin de 2028 », explique Rajohnson Tiava Ny Kanto, directeur général du Commerce extérieur auprès du ministère du Commerce et de la Consommation. La procédure législative américaine doit encore suivre son cours avant que cette prolongation ne devienne effective.
L’AGOA permet à des pays africains éligibles d’exporter certains produits vers le marché américain sans droits de douane. Madagascar fait partie des pays bénéficiaires. Le dispositif représente ainsi un levier important pour les exportateurs malgaches, particulièrement dans le secteur des entreprises franches.
L’échéance actuelle intervient après plusieurs mois d’incertitude. La période de validité initiale de l’AGOA avait pris fin le 30 septembre 2025, après dix années d’application. Washington avait ensuite décidé, en février dernier, d’accorder une prolongation temporaire jusqu’à fin 2026. Le vote du Sénat ouvre désormais la voie à une nouvelle extension, cette fois jusqu’à fin 2028.
Un marché américain difficile à remplacer
À Madagascar, la poursuite de l’AGOA constitue un enjeu de taille pour les entreprises franches et les zones franches. Le secteur regroupe environ 150 unités industrielles et emploie plus de 100 000 Malgaches. L’accès au marché américain sans droits de douane reste donc déterminant pour leur compétitivité et leurs activités.
Le maintien de cet accès ne signifie toutefois pas que les opérateurs malgaches misent uniquement sur les États-Unis. Les recherches de nouveaux débouchés se poursuivent. La Russie et l’Afrique du Sud figurent notamment parmi les marchés ciblés par les autorités et les opérateurs économiques.
Pour autant, le marché américain reste difficile à remplacer. Selon Rajohnson Tiava Ny Kanto, la demande américaine demeure supérieure à celle enregistrée sur les autres marchés ciblés. Pour les entreprises franches malgaches, la prolongation de l’AGOA reste ainsi une priorité.
Sur le terrain, les conséquences de l’incertitude autour du dispositif restent pour l’instant limitées. Le directeur général du Commerce extérieur indique que peu de travailleurs ont été mis à l’arrêt en raison de la suspension technique des activités. Les entreprises continuent également de fonctionner.
Certains opérateurs ont néanmoins choisi de déplacer leurs investissements vers d’autres pays. Une situation qui illustre les inquiétudes du secteur face à l’incertitude entourant l’accès au marché américain. La décision finale du Congrès américain sera donc particulièrement suivie par les acteurs de la filière à Madagascar.
Ravo Andriantsalama








