La réconciliation entre le président de la refondation, le colonel Mickael Randrianirina, et Milavonjy Philobert, chef de l’opposition parlementaire, la semaine dernière a suscité des interrogations sur la position de ce dernier. L’IRMAR assure pourtant que rien n’a changé : le député d’Ambovombe conserve la confiance de ses pairs et son statut de chef de l’opposition parlementaire.
Rien n’a changé. C’est la position du groupe parlementaire pro-Rajoelina « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRMAR), devenu principale plateforme de l’opposition politique au régime actuel de la refondation. Une précision qui s’imposait après la cérémonie de réconciliation inédite qui s’est déroulée en fin de semaine dernière à Ambovombe, capitale de l’Androy, dans le sud de l’île. La cérémonie a réuni le président de la refondation, le colonel Mickael Randrianirina, et le chef de l’opposition parlementaire, par ailleurs député élu à Ambovombe, Milavonjy Philobert.
Lors de la cérémonie, le chef de l’opposition a laissé entendre qu’une collaboration avec le pouvoir en place restait envisageable. Revenant sur les propos tenus quelques temps auparavant par l’ancien président Marc Ravalomanana, selon lesquels « si les idées ne se rejoignent plus, il est mieux de se séparer », il a notamment déclaré : « Si le TIM sort, on entre. » Une déclaration qui a semé le doute auprès d’une partie de l’opinion sur sa position au sein de l’opposition.
Confiance
Contacté par téléphone, le président du groupe IRMAR, le député élu à Morondava Haja Resampa, assure que ni la cérémonie ni les propos tenus à Ambovombe ne remettent en cause le statut de Milavonjy Philobert. « Nous lui faisons toujours confiance malgré la cérémonie. Il n’a rien dit ni fait qui puisse entraîner son départ », explique-t-il.
Selon lui, l’IRMAR reste dans l’opposition, mais ne s’inscrit pas dans une démarche d’opposition systématique. « Nous ne sommes pas obstinés, nous voulons seulement ce qu’il y a de mieux pour le pays », affirme le président du groupe parlementaire.
Du côté des textes, la loi n°2021-006 modifiant et complétant certaines dispositions du statut de l’opposition précise, dans son article 9 nouveau, alinéa 4 : « Au cas où le Chef de l’opposition officiel adhère au Gouvernement, il perd automatiquement sa qualité de Chef de l’opposition. Il sera ainsi procédé à une élection d’un nouveau Chef de l’opposition. »
Cette disposition soulève toutefois une question sur la définition exacte de l’« adhésion au Gouvernement ». Pour Haja Resampa, aucun élément ne permet, à ce jour, d’affirmer que Milavonjy Philobert a adhéré au gouvernement. Il conserve donc la confiance de ses compagnons de l’opposition.
Ravo Andriantsalama








