Lancée officiellement le 21 août dernier au Louvre Antaninarenina, la Madagascar South Africa Chamber (MASACHAM) veut donner un nouvel élan aux relations d’affaires entre Madagascar et l’Afrique du Sud. Si la nouvelle structure se présente comme un nouvel outil de rapprochement économique, son histoire remonte en réalité à 2014.
La MASACHAM n’est pas née de rien. Le 28 janvier 2014, lors d’une visite officielle à Madagascar, le vice-ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Marius Fransman, annonçait déjà le lancement prochain d’une « South Africa–Madagascar Chamber of Commerce ». Pretoria présentait alors cette initiative comme un moyen de renforcer la coopération économique bilatérale.
Douze ans plus tard, l’idée revient sur le devant de la scène. Présidée par Marcelle Dané, la MASACHAM entend cette fois passer des intentions aux relations d’affaires concrètes. Sa mission consiste notamment à mettre en relation les entrepreneurs, investisseurs et opérateurs économiques des deux pays.
Le potentiel commercial entre les deux pays ne reste pas à démontrer. En 2014, les exportations sud-africaines vers Madagascar atteignaient environ 1,7 milliard de rands. Dans l’autre sens, Madagascar exportait près de 1,4 milliard de rands vers l’Afrique du Sud.
Echanges existants
Les produits malgaches concernés étaient notamment les textiles, les produits minéraux, les métaux, les produits végétaux et le bois. Ces chiffres montrent que les relations commerciales existaient déjà , mais que leur potentiel reste encore largement exploitable.
L’appartenance commune à la SADC constitue également un cadre favorable. La proximité géographique et les mécanismes d’intégration régionale peuvent faciliter les échanges. Pour la MASACHAM, le défi consiste désormais à rapprocher davantage les entreprises et à transformer ces possibilités en investissements. « L’objectif est de mettre en relation les investisseurs malgaches et sud-africains afin de promouvoir l’économie et les relations commerciales entre les deux pays », explique Marcelle Dané.
La Chambre veut faciliter l’accès au marché sud-africain pour les opérateurs malgaches, mais aussi renforcer la visibilité de Madagascar auprès des investisseurs sud-africains. Claudia Rabetsivoha, vice-présidente de la MASACHAM, insiste sur la nécessité d’identifier les secteurs où les intérêts des deux pays peuvent se compléter.
La diplomatie économique devrait également jouer un rôle. La Chambre travaille notamment avec l’ambassade de Madagascar à Pretoria et avec l’ambassadeur Toavina Ralambomahay, président honoraire de la structure. La présence d’investisseurs sud-africains à la dernière foire agricole Fier Mada a déjà permis d’établir de premiers contacts.
La MASACHAM entend ainsi s’appuyer sur les relations existantes pour aller plus loin. Son principal défi sera de transformer les rencontres en partenariats, puis les partenariats en investissements durables. Après une première expérience interrompue, cette relance constitue donc une seconde chance. La réussite de la MASACHAM se mesurera moins à son existence qu’à sa capacité à rapprocher réellement les entreprises malgaches et sud-africaines.
Ravo Andriantsalama








