Après la JIRAMA, plusieurs autres dossiers liés à la gouvernance de l’ancien président Andry Rajoelina, de 2019 à 2025, font désormais l’objet d’enquêtes parlementaires. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, annonce notamment des investigations sur le financement du stade Barea Mahamasina, l’indemnisation des ménages affectés par la construction de la nouvelle ville à Imerintsiatosika et la gestion des fonds destinés à la lutte contre le Covid-19.
C’est parti. Depuis hier, l’Assemblée nationale de Tsiombazaza est entrée en session extraordinaire. Outre les sept lois à voter au cours des douze jours de session, Siteny Randrianasoloniaiko met l’accent sur les actions de la Chambre basse, notamment sur son rôle de contrôle de l’action du gouvernement. Dans son discours d’ouverture, puis lors de son interview après l’ouverture de la session, il annonce que plusieurs enquêtes parlementaires sont actuellement en cours.
À part celle sur la JIRAMA, la société nationale d’approvisionnement en eau et en électricité, qui fait déjà polémique, les députés s’intéressent également à la gouvernance de l’ancien président Andry Rajoelina. « Comme je l’ai dit précédemment, on ne se contente pas de légiférer à l’Assemblée nationale, on contrôle également les actions du gouvernement », explique-t-il devant les journalistes à sa sortie de l’hémicycle. « On va, entre autres, scruter, par le biais d’une enquête parlementaire, la gouvernance d’Andry Rajoelina depuis 2019 jusqu’en 2025 », poursuit-il.
Polémique
La première enquête porte sur la somme allouée à la reconstruction du stade Barea Mahamasina. Selon le président de la Chambre basse, si la somme initialement prévue était d’environ 70 millions de dollars américains, elle aurait finalement atteint 120 millions de dollars, alors que le stade n’est toujours pas homologué par les instances internationales du football. « Franchement, avec cette somme, d’autres pays pourraient construire jusqu’à trois stades », fustige Siteny Randrianasoloniaiko.
La seconde porte sur l’indemnisation des ménages affectés par la construction de la nouvelle ville à Imerintsiatosika. D’après le président de l’Assemblée nationale, l’argent destiné aux familles touchées par les travaux aurait déjà été décaissé par le Trésor public, mais ne serait jamais parvenu aux véritables bénéficiaires. D’où l’ouverture de cette enquête. Il en est de même pour les fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19, dont une partie aurait été détournée.
Des interrogations se posent toutefois sur ces enquêtes parlementaires. Primo, certains se demandent si ces investigations ne servent pas uniquement à faire taire les critiques et les demandes de dissolution de l’Assemblée nationale. Secundo, la composition des commissions chargées de ces enquêtes suscite également des interrogations au sein d’une partie de l’opinion publique. L’exemple le plus typique reste la nomination du député élu à Vangahindrano, Silvestre Mahavitaraha, qui avait déjà été condamné sous le régime Rajoelina dans le dossier lié au Covid-19.
Ravo Andriantsalama








