Le général à la retraite Richard Ravalomanana comparaît ce 1er septembre devant la chambre criminelle du tribunal de première instance d’Anosy. Ancien président du Sénat, il est le premier haut responsable à être jugé pour son rôle présumé dans les événements meurtriers de septembre et octobre 2025. Il écope de dix ans de travaux forcés
La machine judiciaire est lancée. Ce matin, le procès sur les événements meurtriers de septembre 2025, qui ont causé la mort de plusieurs personnes et conduit à la déchéance de l’ancien président Andry Rajoelina, débute. Le premier à monter à la barre des accusés n’est autre que l’ancien président du Sénat, le général à la retraite Richard Ravalomanana.
Arrêté le 27 décembre 2025 près de son domicile à Ambatovinaky, le haut gradé de la gendarmerie est incarcéré à la maison de force d’Imerintsiatosika depuis le 19 janvier 2026. Il y est resté jusqu’à l’ouverture de son procès. Le général Ravalomanana est notamment poursuivi pour « complicité de blessures et de meurtres volontaires commis du 25 septembre au 11 octobre » de l’année dernière.
En réalité, la complicité qui lui est reprochée repose notamment sur le fait d’avoir donné explicitement des ordres et incité les éléments des forces de l’ordre à faire usage de la violence tout au long des manifestations. Ce matin, il a été aperçu aux abords du tribunal de première instance d’Anosy, dans un véhicule personnel, avant d’entrer dans la salle numéro quatre de la chambre criminelle pour cette première journée de procès.
Travaux forcés
Après plusieurs heures d’audience, le verdict tombe, le « jeneraly baomba » écope de dix en de travaux forcés. Il repart donc à la case prison à la case prison et attend d’éventuels anciens compagnons qui pourraient être rattrapés par la machine judiciaire par rapport à cette même affaire du 25 septembre. A sa sortie de la salle d’audience, l’avocat du général à la retraite annonce ne pas être satisfait du jugement et compte bien faire appel bientôt.
Pour l’histoire, Richard Ravalomanana est le premier à être entendu par la justice malgache dans cette affaire. Malgré les intentions affichées par les dirigeants actuels, les poursuites contre les anciens gouvernants pour leur rôle dans les événements de septembre 2025 avancent au compte-gouttes. L’exemple le plus criant reste celui de l’ancien président Andry Rajoelina, dont les poursuites ont déjà été annoncées depuis plusieurs mois, sans aboutissement jusqu’à présent.
Pour rappel, il a été déchu de ses fonctions de président du Sénat et de membre du bureau permanent de cette institution le 12 octobre 2025. Depuis ce jour, il s’était fait discret, jusqu’à quelques jours avant son arrestation.
Ravo Andriantsalama

Sektambra devant la justice en ce premier jour de septembre
Ironie du sort ou simple coïncidence, Jean Nirina Rafanomezantsoa, alias « Sektambra », ancien chef du fokontany d’Anosizato Atsinanana, a été aperçu ce matin à Anosy en compagnie du général Richard Ravalomanana. Le patron du FITRAMA se trouvait au tribunal pour être auditionné dans le cadre d’une affaire foncière portant sur la vente illicite de terrains domaniaux à Anosibe.
Après son audition, Jean Nirina Rafanomezantsoa a été reconduit à la maison centrale d’Antanimora. Il n’a donc pas comparu dans le cadre d’un procès ce jour.
Pour rappel, Jean Nirina Rafanomezantsoa a été incarcéré au mois de mai, en même temps que le député élu dans le district de Tana V, Naivo Raholidina. Il reste ainsi en détention dans l’attente de son procès, au cours duquel il pourra présenter sa défense devant la justice.








