Le plastique qui pollue les terres et les océans peut-il devenir une ressource ? C’est l’ambition portée par le projet ExPLOI, pour Expédition Plastique Océan Indien. Douze porteurs de projets malgaches sont désormais accompagnés pour développer des solutions de transformation et de valorisation des déchets plastiques.
Donner une seconde vie au plastique plutôt que de le laisser finir dans la nature. C’est l’une des ambitions du projet ExPLOI, développé par la Commission de l’océan Indien (COI) avec le ministère chargé de l’Environnement et ses partenaires. La présentation des douze porteurs de projets sélectionnés s’est tenue ce mercredi à Ambatonakanga.
Déployé sur cinq ans à l’échelle de l’océan Indien, ExPLOI entend apporter une réponse à la prolifération des déchets plastiques en combinant connaissances scientifiques, sensibilisation et développement d’une économie circulaire régionale. À Madagascar, l’initiative mise notamment sur des entrepreneurs capables de transformer ces déchets en nouvelles ressources.
« Pour le ministère, ces déchets ne doivent pas être considérés comme un problème, mais plutôt comme une ressource », explique Albani Rakotomanana, point focal du projet ExPLOI au ministère de l’Environnement.
Sur les quelque 50 candidatures reçues à travers la Grande Île depuis le lancement de la sélection en mars, douze porteurs de projets ont été retenus. Pendant quatre mois, ils bénéficieront d’un double accompagnement. Le premier sera technique et portera sur la transformation et la valorisation des plastiques. Le second concernera l’entrepreneuriat et l’élaboration de leur business plan.
Du déchet à la ressource
À l’issue de cette période d’incubation, trois projets seront sélectionnés. Chacun bénéficiera d’un financement de 50 000 euros et représentera ensuite Madagascar lors d’une compétition régionale dans l’océan Indien. La sélection respecte par ailleurs la parité, avec six femmes et six hommes parmi les douze porteurs de projets.
Au-delà de l’entrepreneuriat, l’enjeu est également environnemental. Les déchets abandonnés sur les terres peuvent être entraînés vers les cours d’eau avant d’atteindre l’océan. Ils peuvent ensuite se fragmenter en microplastiques et intégrer la chaîne alimentaire.
« Madagascar s’oriente actuellement vers la réduction de l’utilisation du plastique, car celui-ci a des impacts négatifs sur l’environnement », souligne le docteur Nicolas Andriamboavonjy, directeur général du Développement durable par intérim.
ExPLOI cherche ainsi à agir sur plusieurs fronts : mieux connaître les impacts de la pollution plastique, sensibiliser la population et développer une économie circulaire. Le projet s’inscrit aussi dans une volonté plus large du ministère de renforcer le cadre réglementaire. Un projet de loi sur les infractions environnementales est en préparation, avec notamment le principe du pollueur-payeur et la responsabilité élargie des producteurs.
L’enjeu est donc de réduire le plastique qui se retrouve dans l’environnement, tout en créant les conditions pour que celui qui est déjà produit puisse être collecté, transformé et réutilisé. À travers ses douze porteurs de projets, ExPLOI veut ainsi faire du déchet plastique non plus une fin de parcours, mais le début d’un nouveau cycle.
Ravo Andriantsalama








