Après une première audience tenue ce 22 septembre au Pôle anticorruption (PAC) aux 67 Ha, l’affaire des Boeing 777 a été renvoyée au 27 octobre. Sur les 16 demandes de liberté provisoire déposées par les prévenus, six ont été accordées. Trente-trois personnes, dont plusieurs personnalités publiques et sept ressortissants étrangers, sont poursuivies dans ce dossier lié à l’utilisation frauduleuse de documents de l’Aviation civile de Madagascar.
L’affaire des Boeing 777 entre dans une nouvelle phase. Ce 22 septembre, le Pôle anticorruption (PAC) aux 67 Ha a tenu la première audience de ce dossier qui implique 33 prévenus, parmi lesquels d’anciens hauts responsables publics, des opérateurs économiques et sept ressortissants étrangers. Les chefs d’inculpation comprennent notamment l’atteinte à la souveraineté nationale, l’abus de fonction, la corruption, le blanchiment d’argent, l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux ainsi que l’usurpation de fonction.
Parmi les personnalités citées figurent l’ancien directeur général de l’Aviation civile de Madagascar (ACM), Damasy Gervais, l’ancien ministre des Transports, Valéry Ramonjavelo, l’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, et le président du groupe Sodiat, Mamy Ravatomanga. Ce dernier est actuellement détenu à la prison de Melrose, à Maurice. Damasy Gervais serait, pour sa part, le seul des quatre à ne pas être incarcéré.
Liberté provisoire
L’audience de ce mardi n’a pas permis de trancher définitivement l’affaire. Le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 27 octobre prochain. Sur les 16 prévenus ayant demandé une liberté provisoire jusqu’à cette prochaine audience, six ont obtenu une réponse favorable. Les autres demandes restent donc sans suite favorable à ce stade.
L’affaire avait éclaté en juillet 2025, après la découverte en Iran de cinq Boeing 777-200, malgré les sanctions internationales visant la vente d’avions américains à ce pays. Les appareils auraient utilisé des certificats d’immatriculation provisoires délivrés par l’ACM pour contourner les restrictions. Présentés comme devant transiter par Madagascar pour des opérations de maintenance, ils auraient suivi un itinéraire passant notamment par la Chine, le Cambodge et l’Afghanistan, avant d’atterrir en Iran, au profit de la compagnie Mahan Air, sous sanctions américaines.
Présent à l’audience, l’actuel directeur général par intérim de l’ACM, Babà Rakotoarisoa, a expliqué avoir souhaité observer directement les prévenus, notamment les anciennes personnalités publiques. « Laissons la justice poursuivre son cours et que la vérité éclate au grand jour », a-t-il déclaré.
La veille de l’audience, le responsable avait saisi l’Assemblée nationale d’une demande d’enquête parlementaire. Un dossier de 700 pages aurait été transmis aux députés, faisant état de certificats d’immatriculation et de navigabilité présumés frauduleux, ainsi que d’une signature d’inspecteur qui aurait été imitée. Le volet judiciaire se poursuit désormais, tandis que la démarche parlementaire pourrait ouvrir une autre voie d’examen des responsabilités dans cette affaire.
Ravo Andriantsalama








