Les discussions entre Madagascar et le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent autour des réformes économiques, celles liées à l’énergie et aux subventions aux carburants. Hier, dans les locaux du bureau du FMI à Anosy, le représentant résidant Eklou Kodjovi et le chef de mission Constant Lonkeng ont apporté des précisions sur l’état d’avancement du programme soutenu par le Fonds.
Le FMI a achevé, le 30 septembre, les troisième et quatrième revue des programmes de Madagascar au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette étape permet au pays d’accéder à 114,052 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit près de 155 millions de dollars. Ces financements doivent accompagner les priorités du pays en matière de finances publiques, d’énergie, de recettes et de services publics. La croissance économique de Madagascar est, pour sa part, projetée à 3,8 % en 2026.
Pour le FMI, ces réformes relèvent avant tout du programme du gouvernement, soutenu par l’institution. Les discussions portent sur la gouvernance, la politique monétaire, la corruption et la capacité du pays à renforcer sa résilience face aux chocs externes. La hausse du coût des importations de carburants ainsi que les conséquences des cyclones et des dégâts causés aux infrastructures figurent parmi les difficultés évoquées.
Réforme progressive
La réforme des subventions aux carburants constitue l’un des principaux sujets de discussion. Selon le FMI, le système actuel représente une charge importante pour les finances publiques et bénéficie davantage aux ménages les plus aisés, qui consomment davantage de carburant. Le Fonds reconnaît toutefois qu’une hausse des prix à la pompe peut également se répercuter sur les ménages vulnérables à travers le coût du transport et celui des produits.
L’objectif serait ainsi de réduire progressivement les subventions et de réorienter les ressources vers des secteurs jugés plus productifs, dont l’éducation, la santé, la justice et la protection sociale. Le FMI insiste sur la nécessité de mettre en place des mesures d’accompagnement pour protéger les populations les plus vulnérables.
Madagascar dispose déjà d’un mécanisme institutionnel permettant un ajustement progressif des prix des produits pétroliers. Pour le FMI, ce cadre doit permettre d’éviter des augmentations brutales et d’absorber plus facilement les chocs internationaux.
Le report du passage du dossier de Madagascar devant le Conseil d’administration du FMI s’explique, selon les représentants de l’institution, par des discussions qui n’étaient pas encore totalement conclues avec les autorités malgaches. La hausse persistante des prix internationaux des carburants a notamment nécessité de poursuivre les échanges sur la réponse appropriée à apporter.
Le FMI souligne enfin que les engagements précis du gouvernement devraient être détaillés dans la lettre d’intention et le mémorandum des politiques économiques et financières liés au programme.
Ravo Andriantsalama








