La refonte totale des listes électorales impose une nouvelle inscription à tous les citoyens, y compris ceux qui figuraient déjà sur les anciennes listes. Pour éviter que les femmes et les jeunes femmes ne restent en marge du processus, la CENI et le PNUD s’appuient sur la société civile pour mener des actions de sensibilisation dans 117 communes.
La nouvelle liste électorale devra repartir de zéro. Avec la refonte totale des listes électorales et du registre électoral national, chaque citoyen doit s’inscrire à nouveau, même s’il était déjà enregistré auparavant. Une opération qui constitue un enjeu particulier pour les femmes, dont la proportion d’inscrites restait inférieure à 48 % dans plusieurs régions selon la Révision annuelle de la liste électorale (RALE) de 2024. À l’heure actuelle, 7 163 714 citoyens sont inscrits sur la liste électorale selon les chiffres de la CENI. Parmi eux, 51% des inscrits sont des femmes.
Pour accompagner cette opération, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), apporte un appui à des organisations féminines de la société civile. L’objectif : renforcer l’éducation électorale et faciliter l’inscription des femmes et des jeunes femmes sur les nouvelles listes.
Trois ensembles d’organisations bénéficient de cet appui : Madagascar Development Fund (MDF), avec Mpanazava Eto Madagasikara, le consortium African Women Leaders Network (AWLN) Madagascar, Gender Links Madagascar et Mazava Saigna, ainsi que CSA TANJONA. Le financement s’élève à plus de 98 000 dollars américains, soit 452 millions d’ariary, grâce au soutien du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix.
L’intervention couvrira 117 communes, réparties dans 17 districts et 12 régions, dont Diana, Sava, Alaotra-Mangoro, Atsinanana, Anosy, Atsimo-Andrefana, Haute Matsiatra, Betsiboka et Menabe. Les organisations devront adapter leurs actions aux réalités et aux besoins de chaque localité.
De l’information à l’inscription
L’enjeu ne consiste pas seulement à informer. Il faut désormais transformer cette information en inscription effective. Sensibilisation communautaire, éducation électorale, mobilisation de femmes relais, accompagnement vers les points d’enrôlement, recours aux radios communautaires et diffusion de contenus numériques et non numériques sont prévus.
Une attention particulière sera accordée aux femmes vivant dans les zones éloignées, aux jeunes femmes et aux primo-inscrites. Les femmes non alphabétisées, en situation de handicap ou confrontées à des difficultés administratives pourront également bénéficier d’un accompagnement direct.
La CENI, les communes et les fokontany sont appelés à renforcer cette mobilisation de proximité. Les médias ont également leur rôle à jouer. Le PNUD les invite à diffuser une information claire et fiable afin d’aider les citoyens à comprendre les démarches liées à la nouvelle liste électorale.
Au-delà de la procédure administrative, la refonte constitue ainsi un nouveau test pour la participation électorale des femmes. Leur présence sur les nouvelles listes sera l’un des indicateurs de la capacité du processus à toucher effectivement toutes les composantes de l’électorat.
Ravo Andriantsalama








