Entre manque de financement, difficultés d’accès aux équipements et préjugés sur leurs compétences, les femmes réalisatrices peinent encore à trouver pleinement leur place dans le cinéma malgache. Des professionnelles du secteur appellent à renforcer leur accompagnement et leur accès aux opportunités.
Le talent ne suffit pas toujours pour se faire une place derrière la caméra à Madagascar. Pour les femmes réalisatrices, les obstacles commencent parfois dès la présentation d’un projet. Ella Miantsaniavo en a fait l’expérience. Selon elle, certains interlocuteurs changent d’attitude lorsqu’ils découvrent que le projet est porté par une femme.
« Il m’est arrivé de présenter mes projets à des personnes qui n’y prêtaient aucune attention. Dès qu’elles découvraient que j’étais une femme, leur intérêt disparaissait », témoigne la réalisatrice.
À cette difficulté s’ajoutent des contraintes plus générales qui touchent le secteur cinématographique, notamment l’accès au financement et aux équipements. La réalisation d’un film demande des moyens importants, souvent difficiles à mobiliser pour les jeunes professionnelles qui souhaitent se lancer.
Des préjugés qui freinent les vocations
Les idées reçues sur les capacités des femmes constituent également un frein. Pour Julienne Rakotoharinivo, réalisatrice, le problème ne réside pas dans leurs compétences, mais dans les perceptions qui persistent autour de leur place dans le cinéma.
« Ce sont des idées reçues. À mon avis, il faudrait davantage sensibiliser le public à cette question. Certaines femmes n’osent pas se lancer parce qu’elles ont peur. Elles n’osent pas franchir le pas, et c’est justement là qu’il faut trouver des solutions », explique-t-elle.
Pour permettre aux femmes de franchir ce cap, les professionnelles plaident pour un accompagnement plus structuré. Formations, mentorat, accès aux équipements et soutien financier figurent parmi les besoins prioritaires identifiés par Ella Miantsaniavo.
« Les femmes ont besoin d’être soutenues pour pouvoir trouver leur place. Il faut aussi des personnes capables de les accompagner et de les guider, ainsi que des formations et un soutien financier. La réalisation d’un film nécessite un budget conséquent », souligne-t-elle.
Des initiatives contribuent néanmoins à donner davantage de visibilité aux femmes dans le cinéma malgache. C’est notamment le cas du Viavy Film Festival, qui met en avant la création cinématographique féminine. Les inscriptions à cette initiative sont actuellement ouvertes et gratuites.
Ravo Andriantsalama et Irina Tsimijaly








