Maurice, Canada et Allemagne figurent parmi les principales destinations des Malgaches qui partent à l'étranger dans le cadre d'une activité professionnelle ou d'un programme de mobilité. L'industrie manufacturière, l'hôtellerie, l'agroalimentaire et les services comptent parmi les secteurs qui recrutent le plus de travailleurs malgaches, selon les statistiques de la direction de la migration. Cette dernière met toutefois en garde contre les risques d'arnaque.
Les opportunités professionnelles à l'étranger continuent d'attirer les travailleurs malgaches. Maurice reste largement en tête des destinations. En 2025, 1 790 travailleurs ont obtenu le visa de leurs contrats pour rejoindre cette île de l'océan Indien. Le Canada arrive en deuxième position avec 213 travailleurs, devant l'Allemagne, qui accueille différentes formes de mobilité, notamment l'emploi, la formation professionnelle et les programmes au-pair.
L'attractivité de ces destinations se confirme sur plusieurs années. En 2024, Maurice avait déjà accueilli 2 831 travailleurs malgaches, selon le tableau des destinations, contre 374 pour le Canada. L'Allemagne se distingue particulièrement par les possibilités qu'elle offre aux jeunes. En 2025, 508 Malgaches, majoritairement des femmes, s'y sont rendus dans le cadre du programme au-pair. La formation professionnelle allemande a également concerné 352 personnes.
Les recrutements concernent plusieurs branches d'activité. L'industrie manufacturière et la production figurent parmi les secteurs les plus représentés dans les statistiques ministérielles. En 2024, la branche « industrie et manufacture » comptabilisait 1 372 travailleurs. Le transport et la logistique enregistraient 190 départs, devant les centres d'appel et les services de support client, avec 157 travailleurs.
Alerte aux arnaques
L'hôtellerie et la restauration, l'agroalimentaire, la santé ainsi que le commerce et la vente figurent également parmi les domaines qui offrent des débouchés aux travailleurs malgaches. Mais cette mobilité professionnelle soulève aussi la question de l'encadrement des départs et de la protection des travailleurs à l'étranger, notamment face aux risques d'escroquerie.
Fenitra Randriatianarisoa, directeur de la migration au sein du ministère du Travail, insiste sur la nécessité de garantir la sécurité des travailleurs. Il met particulièrement en garde contre les pseudo-agences qui prétendent accompagner et aider les Malgaches souhaitant travailler à l'étranger. Selon ses explications, aucune agence de ce type ne dispose actuellement d'une autorisation légale, le ministère ayant interrompu la délivrance des agréments à ces structures depuis 2013. « Depuis 2013 jusqu'à aujourd'hui, le ministère du Travail n'a jamais délivré la moindre autorisation. Cela signifie qu'il n'existe aucun organisme ni aucune personne habilitée à affirmer que les activités sont légales », souligne-t-il.
La vigilance face aux arnaques reste donc de mise. Le responsable rappelle que la politique migratoire adoptée par Madagascar repose sur le principe de la « gratuité », car les travailleurs ne sont pas des marchandises. Ainsi, toute offre d'emploi émanant d'une société étrangère et exigeant des frais de dossier ou d'autres dépenses doit éveiller les soupçons. « La logique veut que ce soit la société qui recrute qui s'occupe des dépenses du travailleur. Il ne devrait pas y avoir d'autres dépenses pour ce dernier, sauf peut-être pour les travailleurs très qualifiés qui s'entretiennent directement avec les entreprises », conclut-il.
Ravo Andriantsalama








