À l’occasion de la Journée internationale des musées célébrée le 18 mai, une rencontre s’est tenue à l’Institut de Civilisation, Musée d’Art et d’Archéologie (ICMAA) d’Isoraka. Le professeur Michel Razafiarivony, chercheur et enseignant à l’ICMAA, revient sur le rôle du musée dans la préservation de l’histoire, mais aussi dans la construction de l’unité nationale à Madagascar. Le professeur Michel Razafiarivony nous partage ses connaissances sur les musées.
Studio Sifaka (SS) : Qu’appelle-t-on exactement un musée ?
Michel Razafiarivony (MR) : Un musée est un lieu de conservation et d’exposition des objets du passé. Cela peut être un bâtiment, mais aussi un site historique. Certains lieux ont été construits spécialement pour devenir des musées, tandis que d’autres, comme certains anciens palais ou sites historiques, devraient naturellement être considérés comme tels.
On y rassemble et conserve les traces du passé. À Madagascar, les bâtiments dédiés exclusivement à cette mission restent encore peu nombreux. Pourtant, plusieurs lieux possèdent une valeur patrimoniale importante. Faute de sensibilisation, certains perdent progressivement leur identité et leur importance historique.
SS : Le thème de cette année est : “Les musées unissent un monde divisé”. Comment un musée peut-il favoriser l’unité à Madagascar ?
MR : Les objets et patrimoines culturels propres à chaque région ont tous leur importance. Mais lorsqu’une personne ignore leur origine ou leur portée, elle peut penser que cette culture lui appartient exclusivement et qu’elle la distingue des autres.
Le musée permet justement de montrer qu’il existe un patrimoine commun. Beaucoup d’éléments culturels sont partagés entre les Malgaches, même si certains pensent qu’ils sont propres à une seule région. Pourtant, les bases de l’identité malgache sont communes.
Lorsqu’on crée un musée dans une région, on y expose aussi des éléments venant des différentes parties de Madagascar. Les visiteurs réalisent alors que les Malgaches possèdent de nombreuses ressemblances culturelles, peu importe leur origine géographique.
Le musée agit avant tout sur les mentalités. Il aide chacun à comprendre son identité et favorise ainsi la solidarité et l’unité. Or, sans unité, le développement reste difficile. Dans cette période de modernisation, les musées deviennent donc indispensables.
SS : Les musées disposent-ils aujourd’hui de moyens suffisants pour remplir cette mission ? Prenons l’exemple de l’ICMAA.
MR : L’ICMAA appartient à l’État. Cela signifie que son fonctionnement dépend des moyens accordés par l’université et les ministères concernés. Les ressources restent limitées et les activités se font avec les moyens disponibles.
C’est pourquoi nous lançons un appel au soutien des musées. Avec davantage d’appui, nous pourrions aller plus loin, notamment dans le renforcement de l’unité nationale et du fihavanana.
Propos recueillis par Ravo Andriantsalama et Koloina Hanintsoa








