Avec les concertations sur la diplomatie malgache qui ont débuté hier et se poursuivront jusqu’à la fin de la semaine, la cheffe de la diplomatie, Alice N’diaye, a annoncé que l’un des objectifs de l’événement est de créer un Livre blanc de la diplomatie malgache. Derrière ce terme, bon nombre de compatriotes ne savent cependant pas précisément ce qu’il signifie. Mahajarisoa Andrianalimanana, expert en relations internationales, apporte des éléments de réponse sur ce document en gestation.
Studio Sifaka (SS) : Qu’est-ce qu’un Livre blanc de la diplomatie ?
Mahajarisoa Andrianalimanana (MA) : Il s’agit d’un document stratégique. Il présente la vision, les priorités et les orientations diplomatiques d’un pays. La diplomatie ne se fait pas au hasard. Il faut savoir ce que l’on veut faire, où l’on veut aller, avec qui et sur quels sujets on veut travailler.
La possession de ce Livre blanc permet de définir les axes stratégiques. Il s’agit donc de déterminer clairement la politique diplomatique de Madagascar sur la scène internationale.
Q2 : Pourquoi est-il question de mettre en place ce document maintenant ?
Nous avons actuellement un style diplomatique que l’on peut qualifier de « tous azimuts ». Cela comporte des risques, car cela signifie que nous sommes ouverts à tout le monde. Mais sommes-nous réellement capables de défendre nos intérêts ?
C’est dans ce contexte que ce document est élaboré. Il y a aujourd’hui cette volonté d’ouverture à tous les pays. Le Livre blanc doit donc permettre de définir clairement les objectifs ainsi que la voie à suivre pour la diplomatie malgache.
SS : Quel pourrait être l’impact de ce Livre blanc une fois présenté au PRRM ?
MA : L’impact principal serait d’avoir une ligne diplomatique plus claire, beaucoup plus cohérente. L’objectif est de faire connaître ce que Madagascar recherche réellement, afin d’attirer les investisseurs, de développer la coopération et de renforcer les partenariats.
Il y a également de nombreux enjeux pour Madagascar en raison de sa position géographique dans l’océan Indien. Ce document permettra de définir la position diplomatique de Madagascar aux niveaux régional, continental et international.
L’avantage d’avoir un Livre blanc est que nos partenaires sauront ce que nous attendons et ce dont nous avons besoin. Il sera alors plus facile de tisser des relations sur la scène internationale.
Connaître ses intérêts avant de négocier
Le pire, dans les relations internationales, est qu’un pays ne connaisse pas ses propres intérêts dans le cadre d’une relation avec un autre pays et se contente simplement de suivre le mouvement. Une telle situation peut créer un déséquilibre : vos intérêts risquent de ne pas être défendus parce que vous ne savez pas clairement ce que vous voulez, tandis que votre partenaire, lui, sait parfaitement ce qu’il veut obtenir.
Lorsqu’un partenaire vient à Madagascar, il sait déjà ce dont il a besoin. Avec le Livre blanc, il saura également ce dont Madagascar a besoin.
SS : Ce Livre blanc a-t-il toujours existé ou est-ce une démarche nouvelle ?
MA : Pour l’instant, je ne peux pas dire s’il en existait un auparavant ou non. En principe, nous devrions disposer d’un tel document, mais je ne sais pas si sa concrétisation a déjà eu lieu. Nous sommes actuellement dans le contexte de la refondation, qui est justement censée nous conduire vers cette concrétisation.
Propos recueillis par Ravo Andriantsalama








