À Madagascar, seules 11 % des jeunes filles et des femmes accèdent à des protections hygiéniques adéquates, selon le réseau Afriyan. Entre enclavement, manque de moyens financiers et tabous persistants, beaucoup doivent improviser. Une réalité qui pose la question essentielle : comment préserver son hygiène et sa santé pendant les règles avec ce que l’on a à disposition ?
Faute de moyens, de nombreuses Malgaches se tournent vers des solutions de fortune : vieux linges, morceaux de coton ou tissus superposés. Un système D qui, sans précautions, peut exposer à des risques pour la santé reproductive. Pourtant, quelques gestes simples permettent de limiter ces dangers.
« Premièrement, un tissu qui absorbe bien l'humidité. Deuxièmement, du savon, et troisièmement, un endroit discret pour pouvoir se changer. Il faut aussi de l'eau pour se laver », explique Ornella Assimini, Directeur de la Santé de la Reproduction et de la Protection de la Jeunesse au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Au-delà du matériel utilisé, l’hygiène dépend surtout des soins apportés. L’utilisation de tissus lavés et mal séchés constitue un facteur de risque majeur. « Avant de changer de protection, il faut se laver les mains très proprement. Il faut utiliser des matériels propres. Le tissu doit sécher au soleil et être parfaitement sec. Si possible, il faut le repasser. Avant de toucher la partie intime, les mains doivent être propres », insiste-t-elle.
Un enjeu qui dépasse la santé
La précarité menstruelle impacte directement le parcours des jeunes filles. Selon Afriyan, seule une collégienne sur quatre achève son cycle d’études. Absences répétées, manque d’équipements et pression sociale contribuent à cette réalité préoccupante.
Face à cette situation, plusieurs acteurs intensifient la sensibilisation. Les 23 et 24 avril, des initiatives se déploient dans six grandes villes du pays : Toliara, Mahajanga, Antananarivo, Toamasina, Mananjary et Antsiranana. Objectif : briser les tabous, améliorer l’accès à l’information et encourager de meilleures pratiques d’hygiène menstruelle.
Ravo Andriantsalama et Diary Sombiniaina








