Des publications largement relayées sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, affirment que « l'État va protéger les meurtriers ». Ces réactions ont émergé après l'intervention des forces de l'ordre lors de l'acte de justice populaire visant des personnes soupçonnées d'être impliquées dans le meurtre de la petite Larissa à Ambositra.
Après vérification, cette affirmation repose sur une interprétation erronée. Elle est vraie mais à nuancer.
En réalité, dans un État de droit, toute personne soupçonnée d'avoir commis une infraction, y compris un meurtre, doit être arrêtée, jugée par une juridiction compétente et, si sa culpabilité est établie, condamnée conformément à la loi. La Constitution Malagasy garantit également ces principes. Son article 13 prévoit notamment que « toute personne est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision de justice compétente». Elle garantit aussi les droits de la défense et le droit à un procès équitable. Ainsi, l'État a l'obligation de protéger toute personne placée sous sa responsabilité, y compris un suspect ou un accusé, afin qu'elle puisse être jugée conformément à la loi.
Mais, cela ne signifie pas que l'État protège les auteurs de crimes contre la justice, mais qu'il empêche les violences, les représailles ou le lynchage avant leur jugement. Par ailleurs, la loi malagasy n° 2014-035 porte abolition de la peine de mort. Les auteurs d'infractions graves sont donc sanctionnés selon les procédures judiciaires prévues par la loi, et non par une exécution ou une justice populaire.
Verdict : Vrai mais à nuancer
Dire que « l'État va protéger les meurtriers » est une interprétation incorrecte. Les autorités ne protègent pas les criminels contre la justice ; elles garantissent que la justice soit rendue par les institutions compétentes et non par la foule.








